Le jeu sérieux : De quoi parle-t-on au juste ?

De nos jours, lorsqu’un néophyte veut en savoir davantage sur le concept du jeu sérieux il se dirige, le plus naturellement du monde (numérique), vers un moteur de recherche. Il est aussitôt confronté à un très grand nombre de sites abordant le sujet. Il est possible que cet afflux soudain de données ne réponde pas nécessairement à ses attentes. En fait, notre chercheur en herbe aura sans doute du mal à s’y retrouver !

Le but de ce billet est d’éclairer le débutant en la matière. Pour ce faire, nous n’allons pas réinventer la roue. Simplement vous la présenter.

Le jeu sérieux selon l’Office de la langue française

L’expression jeu sérieux vient de l’expression anglaise serious games. Dans son Grand dictionnaire, l’Office de la langue française écrit :

Application informatique qui combine une intention sérieuse de type pédagogique, informatif, communicationnel, idéologique ou autre, avec un environnement d’apprentissage prenant la forme d’un jeu vidéo, afin de transmettre un savoir pratique ou de sensibiliser à un enjeu social.

Les auteurs de la notice précisent les caractéristiques du jeu sérieux :

• [S]a finalité est autre que le simple divertissement
• Il veut nous faire vivre une expérience enrichissante
• Il utilise l’immersion, « la simulation et l’apprentissage par l’action »
• Il s’inspire du jeu vidéo pour créer un environnement ludique

Nous retrouvons le jeu sérieux dans plusieurs domaines dont :

o l’éducation,
o l’administration,
o la santé,
o la défense,
o la formation en entreprise,
o la communication,
o l’écologie,
o l’humanitaire.

Alavarez et Sawyer

Dans sa thèse publiée en 2007, Julian Alavarez, une des références françaises en matière de jeu sérieux, cite Ben Sawyer, co-directeur du Serious Games Initiative, créé au sein du Woodrow Wilson Center for International Scholars à Washington :

Sawyer vulgarise le terme serious game [jeu sérieux] en indiquant qu’il s’agit d’applications informatiques, réalisées par “des développeurs, des chercheurs, des industriels, qui regardent comment utiliser les jeux vidéo et les technologies associées en dehors du divertissement”

À elles seules ces définitions nous éclairent grandement. Elles décrivent la nature des jeux sérieux et leur but : acquérir un savoir ou un savoir-faire dans un environnement capable de susciter chez l’apprenant un plaisir qui l’incite à poursuivre sa quête de connaissance.

Dans un prochain billet, nous aborderons un autre aspect de ce domaine en pleine effervescence.

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2 Responses to Le jeu sérieux : De quoi parle-t-on au juste ?

  1. Bonjour,

    Article intéressant sur la définition des jeux sérieux. J’ai hâte d’en lire davantage sur ce sujet trop peu connu au Québec.

    J’ai certain doute comme je le mentionne dans mon article sur mon blogue: http://bit.ly/i3XLHs.

    En fait, selon moi, et cela est clair par les définitions que vous mentionné, l’existence des jeux sérieux posent à priori une hypothèse: “les jeux vidéo sont du divertissement”. Il s’agit d’une réduction de cet art et ne serait aucunement toléré dans d’autres formes de média tel que le cinéma, la musique ou la littérature.

    Le concept de “jeux sérieux” est peut être davantage un concept de marketing pour vendre aux institutions l’idée d’apprendre par le plaisir. Un concept qui n’est pas nouveau: l’historien Johan Huizinga écrivait dans son ouvrage Homo Ludens (1938) que l’aspect ludique de l’apprentissage était à la base de plusieurs composantes sociétales et culturelles.

    Bref, les jeux sérieux sont une idée des plus intéressantes et tant mieux si elles intriguent davantage la population en lui offrant un reflet amélioré des jeux vidéo. Mais en séparant les jeux sérieux des jeux “non-sérieux”, nous arrivons à diminuer l’apprentissage par les jeux dans leur ensemble et diminuer leur acceptation comme modèle de formation systémique.

    Thierry

  2. Ella says:

    Great article, thank you again for witring.