Al Gore et les jeux sérieux

Du 20 au 22 juin dernier avait lieu aux États-Unis le 8th Annual Games for Change Festival. Cette manifestation annuelle a pour but d’explorer l’impact des jeux vidéo comme agent de changement social.  Cette année, les organisateurs avaient invité Al Gore, l’ancien Vice-Président américain à présenter le discours d’ouverture.

D’emblée, Gore avoue être «très, très content» d’être présent à ce colloque. Il poursuit en affirmant qu’il s’agit là d’un secteur de l’économie qui justifie pleinement cet optimisme.

Pour lui, il n’est plus risqué d’affirmer que «les jeux sont maintenant une nouvelle norme pour plusieurs centaines de millions d’utilisateurs chaque mois.»

«Il est clair que le jeu est maintenant devenu un outil de communication de masse, a déclaré Gore. Il s’agit d’une industrie extrêmement vaste et diversifiée qui accueille des joueurs en tous genres et sur toutes sortes de plateformes. Nous connaissons déjà le pouvoir immense qu’ont les médias sociaux  à illuminer et populariser certains enjeux. Ces enjeux, précisément, peuvent parfois nous sembler insurmontables et complexes; d’où l’intérêt de l’approche du jeu qui permet de présenter un sujet à une audience générale d’une façon qui invite chaque auditeur à s’impliquer dans la problématique et à essayer d’y trouver une solution. »

Toutefois, Al Gore met en garde contre les solutions faciles qui ne font qu’ajouter des applications ludiques sans vraiment apporter un support à l’apprentissage. Pour qu’un jeu sérieux puisse vraiment être digne de cette appellation il faut, selon lui, qu’il contienne quatre propriétés. Premièrement, le jeu doit être immédiatement attirant, engageant (dès les premières cinq secondes, précise-t-il) sinon le joueur risque de perdre son intérêt.  Deuxièmement, le jeu doit répondre au désir de gagner éprouvé par le joueur. Al Gore souligne que le joueur doit gagner rapidement. Ce gain rapide sert d’incitatif à revenir jouer. Troisièmement, l’environnement graphique se doit d’être immersif. Enfin, le jeu doit comporter des «Wow ! moments».

Pour produire un jeu sérieux, Gore suggère de s’entourer d’une équipe qui s’y connait vraiment en la matière.  Il faut également s’assurer que le contenu de la formation ne soit en aucun cas compromis, dilué mais plutôt mis en valeur.

Enfin, Gore croit que les jeux sérieux peuvent être économiquement rentable.

Par ces quelques conseils rudimentaires, Al Gore a le mérite de remettre les pendules à l’heure. Bien que forts populaires dans certains milieux, les véritables jeux sérieux ne sont pas légions.

Les experts en la matière seront sans doute heureux de pouvoir compter sur Al Gore dans leurs démarches visant à permettre au concept du jeu sérieux d’être sérieusement pris en considération par les experts du domaine de l’éducation.

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